Musée de Normandie

Migrations & Christianisation

Bas-relief du XIIIe s., Saint-Samson-sur-Risle (Eure), ancienne abbaye de Pental. Dépôt de la Société des Antiquaires de Normandie. ©Musée de Normandie - Ville de Caen

La conversion du nord-ouest de la Gaule au christianisme s'est faite globalement entre le IVe et le VIIe s.

Seuls les rares documents et les découvertes archéologiques permettent de mesurer la progression de la christianisation de la Normandie. Le symbolisme chrétien décorant certains objets retrouvés dans les sépultures est la marque discrète de la pénétration du christianisme dans la masse anonyme des habitants des campagnes.

A partir du milieu du VIIe s., la construction de nombreuses églises dans les villages constitue la première étape du réseau de paroisses qui vient structurer l'espace rural pour plus d'un millénaire.

La prospérité retrouvée sous les rois carolingiens (751-987) est notamment illustrée par les fondations monastiques qui seront la cible privilégiée des Vikings, dès 841.

Les derniers siècles de l'Empire romain (vers 300 – 450) voient l'apparition des premières grandes attaques de pirates francs et saxons sur les côtes normandes. Installés en Normandie, les Saxons passent au service des rois francs, de la dynastie des mérovingiens (480-751). Leur présence a ainsi maintenue ouverte la route vers l'Angleterre et la mer du Nord, route que reprennent, dès la fin du VIIIe s., les premiers raids vikings.

Pendant tout le IXe s., les côtes de la future Normandie ont été l'objet d'incursions répétées, venues de Scandinavie ou des colonies vikings, danoises ou norvégiennes, des îles britanniques. En 911, le Viking Rollon obtient du roi carolingien la concession d'un territoire axé sur la basse Seine. Il devient le jarl (comte) de Rouen, "fidèle" du roi franc et se fait baptiser. En 924, puis en 933, de nouvelles concessions royales consacrent l'extension vers l'ouest d'un territoire qui prend le nom de comté, puis duché de Normandie, du nom de ces "Nordmen", les "hommes du Nord".

La présence des Vikings en Normandie a laissé très peu de traces archéologiques. La mémoire des origines a cependant été entretenue dès le XIe s. par les historiens au service des ducs de Normandie. Elle a été relancée autour de l'année 1911 au moment des fêtes du Millénaire de la Normandie. Depuis, elle reste attachée comme un mythe fondateur à toutes les formes populaires d'évocation de l'histoire normande.